
Cette maquette de 75 minutes est destinée aux professionnels.
Si DU CRÉPUSCULE A L'AUBE est avant tout un drame, on peut aussi le classer dans la catégorie des films dits de genre, plus précisément ici, le "Survival". En cela, il se rapproche d'un certain cinéma des années 70 avec des films comme LES CHIENS DE PAILLE, DELIVRANCE, ou LA TRAQUE, film français peu connu de Serge Leroy.
J'ai toujours aimé le cinéma de genre. La réalisation de cette maquette m'a permis de m'y confronter enfin tout en y apportant une touche personnelle. Bien que j’attache beaucoup d’importance à la mise en scène, j'aime aussi prendre le temps de développer les personnages, de leur donner une certaine épaisseur psychologique, condition sine qua non pour que l'on puisse s'identifier à eux.
Une petite ville du centre de la France...
Parce que l' équipe locale a perdu un important match de foot, 3 jeunes garçons désœuvrés, et sous l’emprise du père de l’un d’eux, vont s’en prendre à un couple et à leur fille de 17 ans venus passer un week-end en forêt.
Il ne s'agit pas de faire une thèse sur le sujet ni de tenter une longue et vaine analyse sociologique, mais de proposer une réflexion sur les raisons qui font basculer un individu dans cette violence.
Aujourd'hui, on sait qu'on peut se faire tuer pour avoir refusé une simple cigarette, parce que l'on prend une photo d'un lampadaire dans une cité dite difficile, parce que l'on jalouse son voisin, son copain...On peut invoquer tout un tas de raisons et d'explications à ce basculement, mais il y en a une qui est à l'origine de nombreux actes de violence et de barbarie: la frustration.
Conflits familiaux, chômage (et par extension les problèmes d’argent), exclusion, précarité, misère sexuelle, échec scolaire, autant de situations qui peuvent favoriser ce sentiment de frustration chez des individus fragiles ou sur la corde raide.
Une accumulation de frustrations peut être l'élément déclencheur du passage à l'acte. C'est ce que raconte en substance le film.
Je n'aime pas spécialement les scènes surdécoupées, préférant prendre le temps de filmer les visages, de laisser installer l'émotion.
Je ne suis pas plus friand du champ-contrechamp que j'utilise toujours avec parcimonie et seulement parce que la scène le nécessite.Ma conception de la mise en scène a toujours été proche de celle d'Alfonso Cuaron et son film LES FILS DE L'HOMME. Filmer l'essentiel, peu d'inserts ou de plans de coupe, juste l'action et les personnages.
Quand j'ai commencé à écrire le scénario, la première référence qui m'est venue à l’esprit était le film DELIVRANCE de John Boorman.
D'une manière plus générale j’apprécie les réalisateurs qui attachent autant d'importance à la forme qu'au fond, ceux dont la mise en scène est au service de l'histoire et non l'inverse.
En vrac, j’aime Steven Spielberg, Clint Eastwood, John Carpenter, Joe Dante, Martin Scorsese, Sergio Leone, Francis Ford Coppola, David Fincher, Paul Verhoeven, Stanley Kubrick et quelques autres.